L'histoire du GiroCode – Du document papier au scan QR

Le GiroCode apparaît aujourd'hui comme une évidence sur les factures et les avis de paiement. Pourtant, son parcours de l'idée à l'adoption généralisée a duré plus d'une décennie.

Les débuts : SEPA et le Conseil européen des paiements

Pour comprendre l'histoire du GiroCode, il faut d'abord examiner le contexte plus large : la création de l'espace unique de paiement en euros, SEPA (Single Euro Payments Area). Depuis le début des années 2000, les banques européennes travaillaient à rendre les virements transfrontaliers au sein de l'Europe aussi simples que les virements nationaux.

En 2002, des associations bancaires européennes ont fondé le Conseil européen des paiements (EPC), qui a pris en charge la coordination de cette harmonisation. L'EPC a développé des normes communes pour les virements SEPA (SCT) et les prélèvements SEPA (SDD). Ces normes ont créé la base technique sur laquelle le GiroCode allait être construit.

2012 : L'EPC développe la norme QR

En 2012, le Conseil européen des paiements a publié pour la première fois le document « Quick Response Code – Guidelines to Enable the Data Capture for the Initiation of a SCT ». Ce document définissait comment un code QR devait être structuré pour transmettre toutes les informations nécessaires à un virement SEPA.

La spécification technique était concise mais précise : le code QR contient un payload texte orienté lignes en format UTF-8. La première ligne contient toujours « BCD » (Business Contact Details), suivi du numéro de version, de l'identifiant du jeu de caractères, de l'identifiant de transaction « SCT », du BIC, du nom du bénéficiaire, de l'IBAN, du montant et de la référence de paiement.

Cette norme – aujourd'hui connue sous le nom EPC069-12 – est valide dans sa forme actuelle depuis la version 2.1 (2019) et est restée stable depuis lors.

2016–2018 : Introduction en Allemagne

En Allemagne, l'introduction pratique du code EPC-QR sous le nom de marque « GiroCode » a commencé entre 2016 et 2018. Le comité bancaire allemand a coordonné l'introduction et a choisi le nom « GiroCode » – basé sur le terme allemand « Girokonto » (compte courant), censé souligner la pertinence quotidienne du code.

Le groupe Sparkasse et les Volksbanken und Raiffeisenbanken ont été parmi les premiers groupes bancaires allemands à équiper leurs applications pour scanner les GiroCodes. Comme ces deux groupes servent ensemble plus de la moitié de tous les comptes courants allemands, la couverture de base a été assurée dès le début.

GiroCode vs. autres normes de paiement QR dans le monde

Autriche – Stuzza-QR

L'Autriche utilise également la norme EPC, mais l'appelle Stuzza-QR. Techniquement, il est entièrement compatible avec le GiroCode allemand.

Suisse – QR-Bill

En 2020, la Suisse a remplacé les bulletins de versement orange et rouges par la QR-facture (QR-Bill), basée sur une norme suisse mais structurée de manière similaire au EPC-QR.

Chine – WeChat Pay / Alipay QR

Les systèmes de super-applications chinoises utilisent également des codes QR, mais ceux-ci sont liés à des systèmes propriétaires et ne sont pas interopérables avec les normes bancaires européennes.

Inde – UPI QR

L'interface de paiement unifiée (UPI) de l'Inde est une norme indépendante des plateformes avec des codes QR, neutre vis-à-vis des banques, mais limitée au marché indien.

Conclusion

Du document EPC de 2012 à l'intégration dans l'application Sparkasse jusqu'à l'utilisation omniprésente sur les factures aujourd'hui – le GiroCode a parcouru un chemin remarquable. C'est l'exemple parfait d'une standardisation européenne qui a réellement fait son entrée dans la vie quotidienne.